Cloud de confiance : SAP détaille sa « souveraineté à la carte »
Région France en 2027, hébergement chez le client, partenaires qualifiés : le calendrier présenté par SAP à la convention de l'USF et ses premiers clients.
SAP a présenté le calendrier de ses offres de cloud de confiance lors de la convention de l'USF, l'association des utilisateurs SAP francophones, réunie à Strasbourg les 14 et 15 octobre. LeMagIT, qui en a rendu compte le 19 octobre, retient une formule d'Amal Taleb, directrice des affaires européennes de SAP : l'éditeur propose « une souveraineté à la carte ». Pour une entreprise qui doit choisir l'hébergement de son futur S/4HANA, le détail des dates compte davantage que la formule.
Une attente forte chez les clients
Selon le sondage de l'USF cité par LeMagIT, 63 % des membres interrogés s'estiment concernés par le cloud de confiance, et 31 % y sont tenus par une obligation légale. 32 % citent l'actualité géopolitique comme source d'inquiétude, et 28 % privilégient déjà une solution autre que les grands fournisseurs de cloud américains. Gianmaria Perancin, président de l'USF, plaide depuis près de cinq ans pour que les clients européens puissent déployer leur ERP sur des clouds souverains qualifiés SecNumCloud.
Quatre options
SAP a annoncé cette année trois voies distinctes, rappelle LeMagIT : un accord avec Bleu, la coentreprise de Capgemini et Orange, présenté en mars et dont la qualification est en cours ; un partenariat avec S3NS, la coentreprise de Thales et Google, annoncé en avril ; et, en juin, un investissement pouvant atteindre 300 millions d'euros jusqu'en 2032 pour installer sa propre infrastructure, SAP Cloud Infrastructure, dans trois centres de données de la région parisienne.
S'y ajoute Sovereign Cloud On Site : un matériel fourni et opéré à distance par SAP, installé dans les locaux du client ou chez l'entité de son choix. L'éditeur propose aussi des modèles hybrides et multicloud.
Le calendrier de la région France
La région française de SAP Cloud Infrastructure doit ouvrir au premier trimestre 2027. Selon LeMagIT, S/4HANA Cloud Private Edition, IBP et BTP y arriveront en premier, en 2027. Data Cloud, Cloud ALM et les services d'IA suivront en 2028. La qualification SecNumCloud pourrait intervenir en 2029 « si tout se passe bien » : SAP ne peut déposer son dossier qu'une fois ses installations terminées.
Sur les régions européennes de SAP Cloud Infrastructure, déjà certifiées selon le référentiel allemand C5, S/4HANA Cloud Private Edition, SuccessFactors, IBP, BTP et une partie de Data Cloud sont déjà disponibles. S/4HANA Public Cloud, Ariba, Signavio ou LeanIX restent en cours de planification. LeMagIT précise que l'option sur site suppose d'abord la disponibilité des produits sur ces régions européennes.
Les industriels de la défense en tête
Les premiers clients cités viennent de la défense. Thales déploie S/4HANA Cloud Private Edition en nouvelle implémentation sur l'offre qualifiée de S3NS. Airbus a signé en juin un contrat RISE pour migrer ses ERP vers S/4HANA Cloud sur l'infrastructure de SAP. Arquus mène une nouvelle implémentation de S/4HANA hébergée chez OVHcloud, en dehors du contrat RISE, avec 94 % d'adéquation au standard selon LeMagIT. Chez Thales comme chez Arquus, les données classées « diffusion restreinte » restent pour l'instant hors du cloud. ArianeGroup, faute d'un calendrier assez précis, reste sur site.
Certains membres de l'USF ont retenu l'option installée chez eux, plutôt que des solutions isolées proposées par d'autres fournisseurs, car ces dernières sortent des contrats cadres de SAP.
Ce que cela change pour un client d'ECC
Le point sensible est la concordance des dates. LeMagIT rappelle que la maintenance étendue d'ECC 6 prend fin en 2030, avec une extension contractuelle possible jusqu'en 2033. Une entreprise qui conditionne sa migration à un hébergement qualifié en France dispose donc d'une fenêtre étroite entre l'ouverture des services, prévue de 2027 à 2029 selon les produits, et cette échéance. Tout retard de livraison la réduirait d'autant.
Les membres de l'USF demandent en conséquence davantage de transparence à SAP. Olivier Nollent, PDG de SAP France, reconnaît que l'éditeur « apprend en marchant ». Véronique Hangard, de SAP France, indique que les centres de données sont choisis, que le matériel est en cours d'installation et que le personnel est en cours de recrutement.
Pour un DSI, la question pratique est double : quel produit SAP sera disponible, à quelle date, sur l'hébergement exigé par votre secteur, et cette date est-elle compatible avec votre trajectoire de sortie d'ECC.