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Enquête USF 2026 : les coûts, premier souci des clients SAP

Migration S/4HANA, ERP Cloud, IA intégrée : l'enquête de l'USF montre des clients inquiets des coûts et une relation avec SAP qui se dégrade.

La rédaction · 19 octobre 2026 · 3 min de lecture

Silicon a détaillé le 19 octobre les résultats de la nouvelle enquête de satisfaction de l'USF, l'association des utilisateurs SAP francophones. 154 organisations ont répondu, sur les 450 entreprises et administrations adhérentes, contre 134 réponses lors de l'édition de 2024. Le constat tient en une ligne : sur la migration vers S/4HANA comme sur l'ERP Cloud ou l'intelligence artificielle, le coût domine les préoccupations.

La migration avance, sans conviction

La part des répondants ayant achevé leur migration vers S/4HANA atteint 31 %, contre 14 % deux ans plus tôt. Le mouvement est réel. Ses raisons, en revanche, ne sont pas celles qu'un comité de direction aimerait lire.

Seuls 20 % des répondants envisagent S/4HANA pour ses bénéfices métier. Ils étaient 26 % en 2022 et 23 % en 2024. Pour 67 %, la migration répond d'abord à la stratégie de SAP ; 44 % citent l'obsolescence de leurs systèmes SAP existants, en hausse de 3 points. La fin de maintenance d'ECC 6 en 2030 reste jugée inadaptée par 45 % des organisations, contre 48 % lors de l'enquête précédente.

Le coût demeure le premier frein, et il progresse à chaque édition : 63 % en 2022, 70 % en 2024, 74 % en 2026. La difficulté à démontrer les bénéfices des projets est citée par 59 % des répondants, contre 57 % deux ans plus tôt.

L'ERP Cloud signé, mais mal compris

Parmi les répondants qui connaissent l'offre ERP Cloud de SAP, 36 % ont signé un contrat, contre 13 % en 2024, et 16 % ont terminé leur déploiement. Là encore, la motivation est rarement métier : 6 % citent les bénéfices métier comme raison principale, 61 % la stratégie de l'éditeur.

Les incertitudes portent sur l'argent et sur la dépendance. 47 % s'inquiètent du coût des projets, 54 % des coûts futurs. Seuls 32 % estiment avoir une visibilité claire sur le coût total de possession à cinq ans. 42 % craignent une perte d'autonomie vis-à-vis de SAP, et 6 % jugent suffisantes les garanties de réversibilité.

L'IA intégrée peine à convaincre

9 % des organisations ont déployé des cas d'usage de l'IA intégrée de SAP. Les répondants lui reconnaissent des atouts : l'exploitation des données structurées (47 %), l'automatisation des processus (39 %), l'ergonomie (38 %). Mais 12 % seulement ont une opinion favorable de son modèle de licence, et 4 % y voient un intérêt économique face à des solutions d'IA externes.

Une relation qui se tend

La satisfaction sur les économies réalisées avec SAP recule à 26 %, contre 33 % en 2024. Celle sur la rapidité de mise en œuvre des projets passe de 26 % à 21 %. 16 % des répondants décrivent leur relation avec l'éditeur comme un partenariat fondé sur la confiance, en baisse de 3 points. 49 % estiment qu'elle repose avant tout sur la recherche de gains financiers par SAP, en hausse de 10 points ; Silicon rapproche ce niveau de celui de la fin des années 2010.

Ce que l'entreprise utilisatrice peut en tirer

Ces chiffres décrivent l'humeur des adhérents de l'USF. Ils fournissent aussi des points de comparaison utiles à une DSI ou à une direction financière qui prépare ses arbitrages.

Le dossier de migration doit porter sa propre valeur. Si la stratégie de l'éditeur reste le premier moteur, le comité de direction attendra malgré tout des bénéfices mesurables. 59 % des répondants peinent à les démontrer : les identifier processus par processus, avant le lancement, devient un avantage.

Le coût à cinq ans se négocie avant la signature. Avec 32 % de répondants seulement qui disent voir clairement leur coût total de possession à cinq ans, la projection des coûts récurrents, des renouvellements et des options mérite d'être exigée dans toute proposition d'ERP Cloud.

La réversibilité s'écrit dans le contrat. 6 % jugent les garanties suffisantes. Les conditions de sortie, de restitution des données et d'évolution des tarifs sont à traiter pendant la négociation, et non après.

L'IA se juge sur un cas d'usage chiffré. Avec 9 % de déploiements et 4 % d'organisations qui y voient un intérêt économique, il est raisonnable de demander, pour chaque proposition, un cas d'usage précis et sa comparaison avec une solution externe.

L'enquête ne dit pas qu'il faut ralentir la migration. Elle rappelle qu'elle se conduit d'autant mieux que l'entreprise sait ce qu'elle en attend et ce qu'elle est prête à payer.

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