Développeur ABAP en interne : ce que le clean core change
ABAP Cloud, RAP, vues CDS, code spécifique à trier : comment le rôle du développeur ABAP évolue chez le client final et comment organiser l'équipe.
Dans une entreprise utilisatrice, le développeur ABAP est souvent celui qui connaît les recoins du système : les programmes spécifiques écrits il y a des années, les interfaces avec les autres applications, les extensions que personne n'a documentées. Avec S/4HANA et le principe du clean core promu par SAP, ce patrimoine change de statut, et le métier avec lui.
Un rôle distinct du consultant fonctionnel
Le développeur ABAP écrit les développements spécifiques, les interfaces et les extensions. Le consultant SAP, lui, paramètre les modules de gestion. Les deux travaillent en permanence ensemble : le premier transforme en code ce que le second n'a pas pu obtenir par le paramétrage.
En contexte de migration, le développeur prend une responsabilité supplémentaire. Il analyse le code spécifique existant et propose, pour chaque objet, de le supprimer, de le réécrire ou de le remplacer par une fonction standard. Ce tri fait partie du travail de conversion, au même titre que la reprise des données.
Ce que SAP entend par clean core
Selon la FAQ ABAP Cloud publiée sur le site de la communauté SAP, le clean core consiste à garder le système aussi proche que possible du standard, tout en faisant fonctionner des extensions et des intégrations conformes aux règles du cloud. SAP en décrit plusieurs dimensions : réduire la complexité des processus, découpler les extensions du standard, maîtriser les données, fiabiliser les intégrations et garder une exploitation efficace. Le principe demande une gouvernance continue, et non une opération ponctuelle.
L'intérêt pour l'entreprise utilisatrice est direct. Des extensions qui respectent ces principes réduisent, selon la même source, l'effort de chaque montée de version.
ABAP Cloud, le modèle de développement associé
SAP présente ABAP Cloud comme son modèle de développement « prêt pour le cloud ». Il repose uniquement sur des objets publiés par SAP, des API publiques et des points d'extension. SAP s'engage à ne pas modifier la signature de ces API de façon incompatible du point de vue du client.
Le statut d'ABAP Cloud dépend de votre édition :
- sur SAP BTP, dans l'environnement ABAP, il est obligatoire ;
- dans S/4HANA Cloud, édition publique, il est obligatoire ;
- dans l'édition cloud privée et dans S/4HANA sur site, il est disponible depuis la version 2022 et recommandé, sans être imposé.
Les versions antérieures à 2022 ne disposent pas de cette technologie et reposent sur les techniques d'extension classiques. La FAQ précise enfin que ces capacités sont couvertes par les licences de développeur existantes, sans coût supplémentaire.
Pour une entreprise sur site ou en cloud privé, la conséquence est simple : le code ABAP classique reste possible, mais chaque nouveau développement écrit selon l'ancien modèle s'ajoute au patrimoine à reprendre lors des prochaines montées de version.
RAP, CDS et Fiori : le nouveau socle technique
Trois briques reviennent dans toutes les discussions.
Le modèle RAP (ABAP RESTful Application Programming Model) est le modèle par défaut de S/4HANA pour construire des applications Fiori, des services et des API locales. Les nouvelles API s'appuient par défaut sur OData V4.
Les vues CDS (Core Data Services) sont la voie recommandée pour accéder aux données en ABAP Cloud. Une vue standard non publiée par SAP doit être encapsulée et publiée par le client.
Fiori est la technologie d'interface standard d'ABAP Cloud. La FAQ indique que la conversion des anciens écrans Dynpro vers Fiori se fait à la main.
Le cabinet Entourage Recrutement observe que le périmètre RAP et CDS est aujourd'hui le plus tendu sur S/4HANA. Il note aussi que Fiori et SAPUI5, technologies JavaScript, relèvent souvent d'un profil web distinct du développeur ABAP.
Trier le code spécifique
La FAQ distingue trois sorts possibles pour le code classique : le retirer, le rénover ou le rapprocher progressivement d'ABAP Cloud. SAP prévoit aussi des niveaux de conformité. Une encapsulation construite sur des objets publiés relève du niveau A ; une encapsulation construite sur des API classiques relève du niveau B. Des contrôles automatiques de conformité au clean core, dans l'outil ATC, sont à planifier régulièrement.
Pour l'entreprise, ce tri est d'abord une décision de gestion. Chaque programme conservé a un coût de maintenance. Chaque programme retiré suppose qu'un métier accepte le standard à la place. Le développeur ABAP instruit le dossier ; la décision revient au responsable SAP et aux métiers concernés.
Organiser l'équipe
Trois modèles sont possibles chez un client final : une équipe interne, une tierce maintenance applicative, ou un mélange des deux. Le choix dépend du volume de code spécifique et de la part de projet dans les années à venir.
Selon le cabinet Entourage Recrutement, la mission indépendante convient aux pics de migration, le CDI à la maintenance durable. Une équipe interne, même réduite, garde un avantage : elle connaît l'historique du code et peut contrôler ce que livre un prestataire.
Avant d'ouvrir un poste, quatre éléments méritent d'être écrits :
- la version de SAP en place, l'échéance de migration et la part de code à reprendre ;
- la dominante du poste, technique, fonctionnelle ou mixte, exprimée en pourcentage ;
- l'état du patrimoine spécifique : volume, documentation, dette technique ;
- l'environnement humain : présence d'un référent technique, d'un consultant fonctionnel.
Recruter et rémunérer
Selon le même cabinet, ces profils lisent peu les offres, ce qui conduit à privilégier l'approche directe. Les entreprises la mènent elles-mêmes ou la confient à un cabinet qui suit ce marché, comme Entourage Recrutement.
Sur la rémunération, le baromètre d'Entourage Recrutement, édition 2027, situe le développeur ABAP en brut annuel en France entre 45 000 et 55 000 euros pour un junior, entre 55 000 et 75 000 euros pour un confirmé, entre 75 000 et 95 000 euros pour un senior, et à partir de 95 000 euros pour un lead ou un architecte technique SAP. Le cabinet recommande d'aligner la rémunération sur le marché SAP plutôt que sur les autres développeurs de l'entreprise.
Le détail des compétences à vérifier, de l'ABAP objet aux interfaces et à la performance sur HANA, figure dans le guide pour recruter un développeur ABAP chez un client final.
Un poste plus proche des directions métier
Le baromètre d'Entourage Recrutement accorde une prime nette au développeur senior qui sait discuter le besoin avant de coder. Le clean core va dans le même sens : avant d'écrire une extension, il faut vérifier si le standard répond et, sinon, l'écrire de façon qu'elle traverse les montées de version. Pour une entreprise utilisatrice, c'est un profil à garder au plus près des équipes SAP et des directions métier, plutôt qu'en bout de chaîne.